Optimal, original.

Confortable, bien situé et peu onéreux.

Je parle ici des logements que proposent certains mini-hôtels, assez nombreux à Saint-Pétersbourg.

Dans les premières années de la décennie, ces hôtels constituaient des solutions de secours plutôt sommaires pour voyageurs à petit budget. Depuis, certains entrepreneurs, souvent des femmes, ont choisi de concevoir des petits hôtels particulièrement créatifs, tant dans la conception et l’aménagement que dans la décoration.

Récemment, un de ces mini-hôtels a été plébiscité par certains organismes de tourisme, et je profite de l’occasion pour vous en donner un aperçu illustré. Cela va de chambres à plusieurs lits (8) superposés pour des visiteurs d’affaire et de commerce qui souhaitent le confort à prix minimal, mais aussi des chambres ‘luxe’ ou ‘standard’ pour deux personnes.

Les photos parlent d’elles même, les prix varient de 50 à 100€ la nuit en fonction des saisons. A noter que l’hôtel dispose d’une vaste cuisine commune, apparemment bien équipée, à disposition des clients.

L’établissement représenté ici est en plein centre historique, situation optimale.

A choisir avec des hôtels 4 & 5 étoiles hors de prix et impersonnels, comme dit l’expression (que je réprouve), « y’a pas photo ».

Lesquelles photos proviennent d’une publication du journal fontanka.ru …

 

Que de talents!

Le musée Fabergé à Saint-Pétersbourg est une institution privée, mais développée avec un tel talent et une telle maestria qu’il a pris rang de musée national. Installé dans un ancien palais de l’époque impériale, le palais Shuvalov, superbement restauré par l’initiateur du projet, l’homme d’affaire Victor Vekselberg. Collectionneur passionné des réalisations du célèbre joaillier Fabergé, collection qu’il entreprit au lendemain de la pérestroïka, sa passion aboutit à la réalisation de ce musée qui aujourd’hui constitue un élément incontournable des richesses culturelles de la ville.

Cerise sur ce prestigieux et précieux « gâteau », une exposition temporaire sur Modigliani, Soutine et autres gloires de Montparnasse au début du XXeme siècle. Que de talents réunis, Fabergé, Modigliani, Soutine… auxquels sont joints Maurice Utrillo, Moïse Kisling, Maurice de Vlaminck, Andre Derain, Suzanne Valadon.

Si je ne me trompe, cette exposition fut présentée il y a trois ans à Rome, où je l’avais visitée. Émerveillé!

L’exposition est programmée jusqu’au 25 mars 2018. Joignez le merveilleux au superbe, visitez Saint-Pétersbourg dans ces dates.

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Les dvornikis de Saint-Pétersbourg

Les « dvornikis », ce sont les personnes chargées de nettoyer et entretenir les vastes cours intérieures des immeubles. Ramasser les quelques détritus et mégots, mais surtout en hiver, s’attaquer dès l’aube aux chutes de neige de la nuit, casser la glace et réduire le verglas.

Souvent ces personnes proviennent de l’immigration d’Asie Centrale. Hommage leur soit rendu 🙂

Mais si je vous parle ici des  » dvornikis », c’est en découvrant cette représentation murale, anonyme, de la Joconde surprise balai et ramassette à la main.

C’est bien réalisé, inventif, et illustre combien Pétersbourg n’est plus seulement un vaste musée, mais une ville vivante, créative, surprenante. Avec le temps, et l’éloignement de la perestroïka, la ville libère tout le potentiel créatif de sa (jeune) population.

Cette richesse vient se superposer à celle des musées et de l’histoire de la ville. C’est tant mieux pour vous, visiteur.

Joconde

 

Je voulais vous parler de Fabergé…

L’éventail et le choix de musées à Saint-Pétersbourg  vous est peut-être connu, mais il continue de s’étendre, comme on le constate avec le Musée Fabergé qui s’est établi sur le canal de la  Fontanka dans l’ancien palais Chouvalov. En quelques années, ce musée d’une étonnante richesse a conquis sa place dans le prestigieux firmament de la ville.

Je souhaitais vous parler du musée Karl Fabergé, mais…

Mais en me documentant sur ce sujet, je tombe sur une publication de la revue « Russia beyond the headlines » consacrée à la résidence du célèbre joaillier, située au nord de la ville. Résidence en ruine, aux toits effondrés et lambris saccagés, ravagée par les pillards convaincus d’y trouver le trésor du joaillier.

Je reviendrai dans une prochaine publication sur le musée lui-même, en préambule regardez les étonnantes photos récentes de cette prestigieuse résidence. Dans l’état de délabrement qui l’accable, la résidence conserve toute sa beauté, son élégance et apparaît transcendante face aux vilénies du bolchevisme et du temps. Par sa simple beauté, ses volumes et ses espaces, cette demeure exprime toute sa noblesse.

Aujourd’hui, la résidence appartient à un institut d’enseignement supérieur (Institut des mines). En attente de restauration, elle est inaccessible, à l’abri des pillards…

Kronstadt? Peut-être…

L’ile de Kronstadt fut à travers l’histoire de l’empire russe le haut lieu de la marine de guerre. C’est ainsi que dès la première moitié du 19eme siècle fut abordée l’idée, et proposé le projet d’y construire une cathédrale dédiée aux servants et officiers de la marine impériale. Au terme de sept (!) décennies de palabres, en 1903 le projet fut approuvé, et les travaux entrepris.

La cathédrale mise en service en 1913, fermée au culte en 1929, l’iconostase fut entièrement détruit et l’espace devint entrepôt, ou musée, selon les humeurs des fonctionnaires soviétiques. Ceux qui se sont intéressés à la révolution bolchevique savent que des milliers de marins y furent massacrés par les hommes de Lénine et Trotsky pour avoir exprimé leur refus du nouveau régime. De très nombreux milliers !

En 2006, elle fut intégralement rénovée et remise au culte. J’ai le souvenir d’une visite de Kronstadt en 2003, la cathédrale était à l’abandon, une énorme masse grise, il était alors impossible de s’imaginer la beauté et le faste sous lesquels elle apparait aujourd’hui.

Le style de cette cathédrale est assez surprenant. Les guides touristiques le qualifient de néo-classique. Mais surtout la conception et la réalisation ont rassemblé des artistes tels que Vroubel, Vasnetsov, et l’ensemble prend une tournure un peu éclectique selon moi. Comme l’indiquent les photos, cette cathédrale est particulièrement munificente, les mosaïques sont lumineuses et de couleurs très vives.

L’église vaut l’excursion si vous en avez le temps, car il faut compter une bonne demi-journée. On accède à l’île par la grande digue qui clôt le golfe de Finlande et protège Saint-Pétersbourg des inondations. L’ouvrage de régulation des marées est impressionnant, les paysages en bordure de la digue ont du charme. Mais sur l’île, hormis la cathédrale et son immédiat environnement, rien d’intéressant…

Je joins plusieurs photos faites au gré de mes passages, faite-vous une idée. Ainsi que ce lien sur l’Internet russe.

De roche, de bronze et d’airain

1500 tonnes ? 3000 tonnes ? Peu importe, le rocher qui sert de socle au monument à Pierre le Grand est fougueux, ardent, accompagnant le cavalier et son cheval dans un élan d’une surprenante dynamique.

Ce projet, épicentre de la capitale impériale, fut entrepris en 1766 sur ordre de Catherine II, et inauguré en 1782… 16 ans de recherches, de projets, de problèmes insurmontables mais surmontés pour ce chef d’œuvre mondial de la sculpture.

Le rocher (14 x 7 x 9m) fut extrait à proximité de la ville, très exactement à Lakhta, actuellement banlieue de Saint-Pétersbourg où Gazprom construit son immense siège en forme de flamme. Extrait d’un marécage, transporté 6 km l’hiver sur un traineau métallique, ensuite hissé sur une barge pour être posé à destination. Sur place il fut remodelé par l’architecte d’origine allemande Y.M. Felten, secondé par le sculpteur Gordeev. Car entretemps, celui qui que l’on désigne comme l’auteur du monument, le français Falconet, avait quitté la Russie.

Mais ce sont bien le projet et l’étonnante statue équestre de Falconet que l’on admire collot-par-falconet-filsaujourd’hui. L’homme consacra 12 années de sa vie à concevoir, dessiner cet ensemble, à obtenir l’assentiment de l’impératrice et de son difficile entourage. Mais c’est une toute jeune artiste française, alors âgée de 18 ans, Marie-Anne Collot qui réalisa si talentueusement la tête, le visage de l’empereur Pierre.

C’est finalement en 1782 que ce monument fut inauguré. Soit il y a 235 ans, traversant les révolutions, les guerres, et les intenses bombardements nazis. Dont il fut protégé par des sacs de sable.

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Ivan Aivazovsky, aux confins des mers.

Ivan Aivazovsky, un grand maitre de la peinture trop méconnu en Europe et dans le monde occidental.

Du 22 décembre 2016 au 20 mars 2017, le Musée russe de Saint-Pétersbourg organise une grande exposition de l’artiste russe d’origine arménienne Ivan Aivazovsky. Né en 1817 en Crimée,  il y décède en 1900.

Comme tant d’artistes réputés de l’époque tsariste, il fait ses études à la célèbre académie des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg, vers les années 1935. Il rencontra alors Pouchkine, qui admirait son talent,  puis entreprit nombre de voyages avec l’appui de l’Académie impériale des beaux-arts en Italie, puis en France, en Allemagne, en Hollande, en Angleterre, en Espagne et enfin à Malte. Au cours de ce périple, il est admis comme membre de nombreuses académies : Florence, Rome et Paris (qui le priment d’une médaille d’or), Stuttgart et Amsterdam.

Aivazovsky est le grand maître des marines, son œuvre est intimement liée à la mer. Le peintre sut avec une maîtrise admirable et une véracité surprenante traduire de mémoire le mouvement des flots, la transparence des eaux calmes, tumultueuses, furieuses, mêlant alors ses vagues au ciel orageux.

Si vous passez par Saint-Pétersbourg, ne ratez pas cette possibilité de découvrir l’œuvre de ce peintre de talent et de génie.